|
|
« O sexe
initial, sexe définitif, absolu de l’amour, absolu de la forme, sexe qui
nies (sic) le sexe, sexe d’éternité !
Los à toi Androgyne ! »
|
|
La figure de l’androgyne peuple l’œuvre de Fernand Khnopff. Elle incarne
l’ambivalence par excellence. Homme et femme ne forment plus qu’un. Ils se
rejoignent, comme par le passé en un être incarnant l’idéal de beauté rêvé
par l’artiste. Depuis
l’Antiquité, l’androgyne symbolise le retour de l’homme à son unité perdue.
Dans Le Banquet, Platon raconte qu’à l’origine, l’homme était à la
fois masculin et féminin. Les dieux les ayant séparés, chacun erre et
cherche alors sa moitié afin de redevenir cet être idéal et unique.
Que ce soit dans les portraits de sa
sœur Marguerite, les figures légendaires ou, comme ici, celle d’un
adolescent, Fernand Khnopff fait glisser subtilement la physionomie de ses
personnages vers le sexe opposé. Reflet de soi ? Miroir de sa propre
bisexualité ? De nombreuses interprétations existent. Il n’en demeure pas
moins que Khnopff évoque un thème repris par nombre de ses contemporains.
En effet, par son caractère ambigu, mystérieux et idéal, l’androgyne est un
thème symboliste par excellence. Il hante les images littéraires et
picturales de cette « fin de siècle ».
G.B
|