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Au XIXème siècle, le développement de la photographie
a semé le doute dans l’esprit de nombreux d’artistes. N’était-elle
qu’un procédé technique ou le photographe avait-il aussi des visées
artistiques ?
Selon Khnopff, le photographe et le peintre poursuivent le même
idéal : « exprimer la réalité ». Pour le reste, il ne souhaite pas
prendre part aux débats. Lui-même se considère comme un photographe
amateur. Il ne s’intéresse nullement aux procédés techniques et
chimiques du développement. Selon ses propres dires, ses photographies
n’ont qu’une valeur documentaire.
Dans la collection de photographies que Khnopff nous a laissée, nous
pouvons distinguer deux catégories. La première comprend les
reproductions photographiques de ses peintures. Dans un but clairement
documentaire, elles ont été réalisées par un photographe
professionnel, Albert Edouard Drains. Ce dernier appelé également
Alexandre, procédait aux prises de vues suivant les indications
précises de Khnopff et imprimait les photographies suivant une
technique coûteuse mais de qualité supérieure : la platinogravure.
Ultérieurement, Khnopff colorera certains de ces
tirages reproduisant ses propres peintures, au crayon de couleur, les
transformant ainsi en nouvelles œuvres.
Une seconde catégorie regroupe les photographies que
Khnopff a prises lui-même, principalement de sa sœur Marguerite, afin
de servir d’études préliminaires pour des peintures. Ce sont
manifestement des photographies d’amateur faisant preuve de beaucoup
moins d’attention pour l’angle d’éclairage ou l’arrière-plan. Elles
trahissent une mise-en-scène théâtrale, ou ne sont que de simples
clichés fugitifs permettant de fixer un costume ou une attitude.
Bien que Khnopff n’était pas un photographe
professionnel, il a expérimenté bien plus que ses contemporains, les
diverses possibilités plastiques de la photographie.
F.V.E.-
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